Conférencières et conférenciers d’honneur

Lundi 1 juin 2026

Card Image Leanne Kelly 2026 768X512

Du silence à la solidarité : réflexions sur deux décennies de décolonisation de la formation infirmière

Leanne Poitras Kelly, RN, PhD, est une femme cisgenre métisse/crie, originaire de la vallée de Qu’Appelle en Saskatchewan. Elle vit et travaille actuellement sur le territoire non cédé et occupé des peuples Salish de la côte de l’île de Vancouver. Leanne œuvre depuis plus de trente ans en santé communautaire et en santé publique auprès des Premières Nations, dans diverses communautés de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique. Elle est actuellement professeure associée d’enseignement à l’École des sciences infirmières de la University of Victoria. Son travail est guidé par des relations solides avec les communautés locales des Premières Nations et avec des infirmières et infirmiers autochtones mentors, et met fortement l’accent sur une pédagogie antiraciste, les savoirs autochtones fondés sur les forces, ainsi que sur l’intersectionnalité des systèmes communautaires complexes qui influencent les résultats en matière de santé. Tout au long de sa carrière, Leanne s’est impliquée dans le soutien à la formation infirmière par le biais de stages cliniques communautaires, de cours formels offerts tant à distance qu’en présentiel, ainsi que d’occasions d’apprentissage immersif axées sur le territoire.

Description de la présentation :

Depuis la publication des Appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation (CVR) en 2015, on observe une augmentation importante des initiatives de formation antiraciste et décolonisante, ainsi que de l’intégration des savoirs autochtones dans les programmes d’études. En tant qu’infirmière métisse/crie visiblement identifiée, l’ensemble de ma carrière est profondément ancrée dans la complexité de l’expérience simultanée du racisme et du travail visant à décoloniser les expériences de soins de santé, tant dans mon rôle d’infirmière en santé communautaire que dans celui de pédagogue. Travailler au sein d’un système racialisé implique de répondre aux fluctuations de la motivation sociale générale et de l’intérêt pour le changement. Au cours de ma carrière, j’ai été témoin de tout l’éventail des réactions à ce travail : du mépris à l’indifférence, en passant par la curiosité, l’appropriation, la bienveillance, l’appréciation, l’engagement communautaire et l’activisme.

C’est en gardant tout cela à l’esprit que je partage mes réflexions sur la mise en œuvre de cours formels axés sur les réalités et les savoirs autochtones depuis 2005, offerts tant en mode présentiel qu’à distance, y compris des expériences d’apprentissage immersif sur le territoire. Il n’existe ni solution miracle ni raccourci vers l’équité et la réconciliation. L’apprentissage transformationnel exige une intention claire et un travail réfléchi, non seulement sur l’élaboration des programmes d’études, mais aussi sur les cheminements et réflexions personnels. Dans cette présentation, je discuterai des réussites et des défis que j’ai rencontrés en tant qu’infirmière enseignante métisse/crie, ainsi que de ma réflexion sur l’impératif professionnel collectif de la discipline infirmière de poursuivre les efforts de décolonisation, y compris les fondements philosophiques et les considérations éthiques liés à l’intégration des savoirs autochtones dans nos programmes de formation.

Mardi 2 juin 2026

Card Image Jess Crawford  2026

Prendre soin d’une identité queer, ensemble

Jess Crawford (iel) est une personne blanche issue du colonialisme de peuplement, invitée perpétuelle avec des ascendances britannique et allemande, qui a vécu sur plusieurs territoires visés par des traités ainsi que sur des terres autochtones volées à travers le soi-disant Canada, et qui apprend continuellement en relation, auprès et avec les personnes gardiennes traditionnelles de ces territoires. Iel est une personne queer, trans, non binaire et neurodivergente, infirmière autorisée, pédagogue, ainsi que chercheuse, engagée envers l’équité, la responsabilité relationnelle et des futurs joyeux et libérateurs. Iel a obtenu un baccalauréat ès sciences infirmières (2017) de la Toronto Metropolitan University (cohorte du George Brown College). Fier·ère diplômé·e d’une maîtrise en sciences infirmières de la University of Manitoba (2025), son mémoire portait sur les pratiques d’affirmation de genre dans la formation en sciences infirmières et a reçu plusieurs prix et distinctions, dont une subvention de niveau maîtrise des Instituts de recherche en santé du Canada ainsi qu’une bourse de la Fondation des infirmières et infirmiers du Canada. Ancien·ne du 2S/LGBTQ+ Health Hub, Jess poursuit son travail en recherche axée sur l’équité et enseigne à titre de chargé.e de cours à la University of Victoria, où iel entreprendra prochainement un doctorat en sciences infirmières, en tissant la santé planétaire avec la joie queer et trans, sur le territoire. Qu’iel enseigne, fasse de la recherche ou erre (souvent à la poursuite des oiseaux), Jess rêve de libération collective et vous invite chaleureusement à rêver avec iel.

Description de la présentation :

Le pouvoir de la formation en sciences infirmières d’envisager et de réimaginer l’avenir se nourrit de la diversité qui nous compose. En m’appuyant sur mes expériences comme étudiant.e au baccalauréat en sciences infirmières, alors que je n’étais pas encore publiquement out, puis comme infirmier.ère autorisé·e queer et non binaire en première ligne, étudiant.e à la maîtrise en sciences infirmières et aujourd’hui enseignant.e en sciences infirmières, j’invite les infirmières et infirmiers enseignants, chercheuses et chercheurs, ainsi que les étudiantes et étudiants en sciences infirmières, à réfléchir à notre responsabilité collective de cultiver de manière significative la diversité et le sentiment d’appartenance au sein de notre profession.

Ancrée dans ma recherche de maîtrise, Student and Faculty Perspectives of Gender Inclusive and Affirming Practices in Undergraduate Nursing Education (Perspectives étudiantes et professorales sur les pratiques inclusives et affirmantes du genre dans la formation de premier cycle en sciences infirmières), je partage quelques filaments de la manière dont les étudiantes et étudiants en sciences infirmières, ainsi que les infirmières et infirmiers enseignants, vivent l’apprentissage et l’enseignement liés aux soins affirmants du genre. Ces perspectives mettent en lumière les lacunes actuelles en formation infirmière et soulignent notre responsabilité partagée de faire croître des environnements d’enseignement plus sécuritaires et plus responsables, où de nouvelles possibilités peuvent prendre leur envol.

Animée par un profond attachement à cette profession, je soutiens que la formation infirmière façonne non seulement la vie de nos patientes et patients, mais aussi celle de chaque infirmière et infirmier, de chaque étudiante et étudiant en sciences infirmières, ainsi que l’écosystème de notre collectif professionnel. Ensemble, nous pouvons nous orienter vers une solidarité pour et avec les infirmières, infirmiers, étudiantes et étudiants 2S/LGBTQ+ parmi nous, en cultivant une culture de soin enracinée dans l’humilité, la responsabilité et le vivre-ensemble.

À travers la chronologie du parcours professionnel d’une personne infirmière blanche, queer et issue du colonialisme de peuplement, je vous invite à imaginer comment nous pourrions nourrir une identité infirmière « plus queer » — une identité qui remet en question les rapports de pouvoir et les normes, et qui dépasse la simple inclusivité pour pleinement embrasser la diversité comme terre fertile de l’excellence en sciences infirmières.

Venez : écoutez, bougez, réfléchissez, apprenez et osez l’inconfort ! Ensemble, nous pouvons assumer notre responsabilité et prendre soin d’une identité collective plus queer et plus courageuse, jusqu’à son plein épanouissement, en laissant notre profession déployer ses ailes comme jamais auparavant.

Discours liminaire de clôture

Card Image Anne Laurie Beaubrun 2026 600X600

Les couches de possibilités – réimaginer la formation infirmière

Anne-Laurie Beaubrun est chargée de cours à l’École des sciences infirmières Ingram (ESII) de l’Université McGill et occupe actuellement le poste de directrice adjointe du programme de Baccalauréat en sciences infirmières (intégré) en ligne. Auparavant, elle a occupé le poste de directrice adjointe des laboratoires cliniques Satoko Shibata de l’ESII, où elle a facilité l’enseignement des compétences cliniques. Elle contribue aux programmes d’études, à l’expérience des étudiants et des professeurs, ainsi qu’à la coordination des programmes, en favorisant une formation en sciences infirmières inclusive et équitable. Elle est titulaire d’un baccalauréat en sciences infirmières de l’Université de Sherbrooke et d’une maîtrise en éducation de l’Université d’Ottawa. Son projet de recherche de maîtrise reposait sur une approche fondée sur les arts comme méthode d’enquête et de réflexion, qu’elle s’efforce actuellement d’intégrer à son enseignement. Son expérience clinique comprend les soins infirmiers pédiatriques et les soins à domicile post-partum. En 2014, elle a reçu le prix reconnaissance de l’innovation pour sa participation à une initiative d’engagement communautaire en milieu scolaire.

Anne-Laurie est originaire d’Haïti, souvent appelée « la perle des Antilles ». Cet héritage façonne ses valeurs et son engagement envers des approches relationnelles et centrées sur la communauté dans l’enseignement et la pratique des soins infirmiers. Son engagement en faveur de la justice sociale s’étend aux niveaux universitaire, municipal et national. Elle collabore activement avec le Bureau de la responsabilité sociale en soins infirmiers de l’ESII. Elle est membre du Comité d’engagement communautaire et d’appartenance des professions de la santé de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université McGill, ainsi que du Comité consultatif Vivre Ensemble de la ville de Repentigny. Au niveau national, elle est membre et ancienne secrétaire du Groupe d’intérêt sur la justice sociale et la lutte contre le racisme de l’ACESI.

Description de la présentation :

Lorsque je réfléchis à la formation infirmière, je vois le savoir, la pratique et les valeurs se conjuguer comme des couches dans un collage, soigneusement assemblées au fil du temps, chacune contribuant à l’ensemble. Ancrée dans son histoire tout en étant attentive au présent, la formation infirmière évolue au rythme d’un monde en constante transformation. Comment pourrions-nous la façonner pour l’avenir ? Quelles nouvelles couches sont nécessaires pour reconnaître d’où nous venons tout en préparant de manière responsable ce qui est à venir ? Quelle œuvre souhaitons-nous créer pour les infirmières, les infirmiers et les communautés auprès desquelles elles et ils travaillent ?

Cette présentation explore des façons d’intégrer de manière intentionnelle la justice sociale — englobant l’anti‑oppression, la décolonisation et la défense des droits — à différents niveaux de la formation en infirmière. Elle met de l’avant la création d’expériences d’apprentissage qui favorisent la compassion, l’authenticité, l’humilité, l’intégrité, la pratique réflexive et une compréhension des réalités diverses vécues par les communautés, tout en favorisant un changement systémique véritable et durable.

En s’appuyant sur la recherche et sur l’expérience professionnelle, et en tenant compte des identités intersectionnelles et de la positionnalité, cette présentation examine comment la justice sociale peut constituer une couche fondamentale dans la préparation des infirmières et des infirmiers à la pratique contemporaine. En faisant de la justice sociale une valeur centrale, les pédagogues favorisent un apprentissage inclusif, réflexif et attentif aux contextes sociaux complexes. Les participantes et participants acquerront une meilleure compréhension des façons dont la justice sociale peut être intégrée de façon réfléchie et créative dans l’ensemble de la formation infirmière — que ce soit dans l’enseignement, le leadership, la collaboration avec les étudiantes et les étudiants, les collègues ou les partenaires communautaires — afin d’inspirer la défense des droits, la pratique relationnelle et des approches axées sur l’équité.

Cette perspective encourage les pédagogues, les étudiantes et les étudiants à examiner de manière critique les présupposés, les dynamiques de pouvoir et les privilèges, à considérer divers points de vue et à développer des pratiques responsables qui s’étendent au‑delà de la salle de classe jusqu’aux milieux cliniques. Intégrer la justice sociale dans la formation infirmière n’est plus une aspiration : c’est une nécessité. Y répondre exige aujourd’hui plus que jamais de dépasser la réflexion pour passer à des actions intentionnelles et concrètes qui façonnent l’avenir de la profession et des communautés avec lesquelles nous collaborons.

 

 

En cas de questions, communiquez avec l’équipe chargée de la conférence de l’ACESI!

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