À la fin de ce sujet, l’étudiant devrait être capable de :
« […] [Traduction] En tant que philosophie, la réduction des méfaits vise à changer le contexte moral des soins de santé dont l’objectif principal de traiter les personnes à celui de réduire les méfaits. »
Sur une base quotidienne, les divers professionnels de la santé déploient des efforts et des mesures visant à réduire les méfaits.
Lorsqu’une pharmacienne ou un pharmacien appose un autocollant autocollant « Prendre avec de la nourriture » sur un médicament sur ordonnance, elle ou il s’adonne à une activité de réduction des méfaits.
Les approches de réduction des méfaits reconnaissent :
Bien des gens associent la réduction des méfaits aux drogues illégales et à l’usage de celles-ci. Cependant, « [Traduction] ...la réduction des méfaits s’attarde à l’intégration de pratiques qui réduisent les méfaits liés non seulement à l’usage de substance, mais aussi aux facteurs historiques, socioculturels et politiques associés aux réactions que provoque l’usage de substances. » (Pauly, 2008)
La légalité de certaines drogues, la stigmatisation et la mauvaise compréhension de l’usage de substances ont centré l’attention sur la prévention et le traitement de cet usage et des personnes qui s’y adonnent.
Par définition :
Cependant, ces approches ne reconnaissent pas que la prévention et le traitement s’avèrent souvent inefficaces. De telles situations nécessitent souvent des interventions. Les interventions visant à réduire les méfaits associés à l’usage continu de substances comprennent, sans s’y limiter :
Certaines interventions, comme la thérapie par agoniste opioïde (TAO), peuvent porter tant l’étiquette de mesure de réduction des méfaits que celle de traitement, selon la personne concernée.
Les attitudes et l’accès relatifs aux services de réduction des méfaits évoluent au fil du temps.
Par exemple, InSite, le premier site d’injection supervisée du Canada, créé en 2003, a dû faire face à plusieurs défis juridiques à l’échelle provinciale et fédérale.
En 2020, seulement neuf ans après qu’InSite ait reçu l’autorisation de la Cour suprême du Canada pour poursuivre ses activités, plus de trente-six sites d’utilisation supervisée ou de prévention des surdoses sont autorisés ou en attente d’autorisation au pays.
La morale provient d’une communauté, d’un groupe, d’une religion, etc., mais aussi de notre propre sens du bien et du mal (McKay et Whitehouse, 2015).
L’éthique est un ensemble de règles provenant de source externe auxquelles les personnes adhèrent. L’éthique professionnelle est adoptée par les membres d’une profession et oriente leur prise de décisions dans le cadre de leur travail (Association des infirmières et infirmiers du Canada, 2017).
L’incertitude morale se manifeste lorsqu’une personne soupçonne, sans en être sûre, d’être confrontée à un dilemme moral ou éthique, voire sans connaître les principes moraux ou éthiques en cause.
Un dilemme moral survient lorsqu’au moins deux principes moraux ou éthiques entrent en conflit flagrant; il ne mène à aucun dénouement satisfaisant, car il implique un certain compromis.
La détresse morale se produit lorsqu’une personne sent qu’il existe une marche à suivre adéquate, qu’elle ne peut adopter en raison de contraintes professionnelles, institutionnelles ou sociales.
Pour les professionnels de la santé et des services sociaux, les facteurs suivants peuvent compliquer la prise de décisions professionnelles quant aux activités de réduction des méfaits :
La plupart des codes de déontologie et des normes éthiques professionnels ne traitent pas précisément de « réduction des méfaits » et n’offrent aucune orientation sur le sujet. Il est donc nécessaire d’appliquer ceux-ci à la réduction des méfaits.
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L’Association des infirmières et infirmiers du Canada publie le Code de déontologie des infirmières et infirmiers (la dernière édition de celui-ci date de 2017).
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L’Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux (ACTS) publie plusieurs politiques et énoncés de position sur son site Web, qui soutiennent notamment la place prépondérante de la réduction des méfaits dans les politiques fédérales en matière de drogues.
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Active à l’échelle nationale, l’Association des pharmaciens du Canada (APhC) publie une série de sujets dans sa section Pratique professionnelle et représentation. En ce concerne la crise des opioïdes, l’APhC décrit les mesures que les pharmaciennes et les pharmaciens peuvent prendre pour s’y attaquer, dont la réduction du mauvais usage d’opioïdes et le suivi de l’usage d’opioïdes.
À l’instar des autres professions, la plupart des codes de déontologie/normes de pratique ne traitent pas précisément de réduction des méfaits; cependant, nombre d’organismes de réglementation provinciaux fournissent des ressources en cette matière à leurs membres, en particulier sur la naloxone, que les pharmacies peuvent offrir depuis 2016.
Après avoir parcouru ce contenu, veuillez porter attention à ce qui suit :
C’est vendredi soir, et vous êtes sur le point de fermer pour le week-end lorsqu’un patient entre dans votre pharmacie pour vous demander de renouveler son ordonnance d’opioïdes. Vous lui dites que son ordonnance ne comporte aucun renouvellement, mais il vous demande assez de médicaments pour traverser le long week-end. Lors des derniers renouvellements, ce client s’est présenté 2 ou 3 jours d’avance. Il soutient qu’il subit déjà de graves douleurs et symptômes de sevrage des opioïdes. Il a rendez-vous avec son prescripteur le mardi suivant à la première heure et aucun autre service médical n’est accessible dans cette région rurale.
Quelle marche à suivre allez-vous adopter?
Est-ce un exemple de dilemme moral ou de dilemme éthique?
Vous travaillez dans une clinique rurale dirigée par du personnel infirmier (vous pourriez être une infirmière praticienne/un infirmier praticien ou une/un IA qui n’est pas IP). Le médecin clinique régulier que vous consultez n’est pas présent ce jour-là. Un patient bien connu du personnel et dont l’usage de drogues non réglementées est connu arrive en quête d’un analgésique – un opioïde. La situation se produit régulièrement. Dans vos évaluations du patient au fil du temps, il vous semblait que sa douleur n’est pas du tout bien gérée. Cependant, vous savez que le médecin auquel vous demandez conseil est très méfiant lorsqu’il s’agit de prescrire des opioïdes aux personnes qui font usage de drogues non réglementées. Vous avez plusieurs fois tenté de défendre les intérêts du patient, mais en vain. L’arrivée de ce patient à la clinique vous occasionne beaucoup d’anxiété. Ce jour-là, il est d’ailleurs très colérique et agité (Smye, 2020).
Quelle marche à suivre allez-vous adopter?
Consultez les guides et les normes susmentionnés ainsi que ceux et celles de vos associations professionnelles afin d’appuyer votre décision.
Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux (s.d.). Résolutions et énoncés de position. https://www.casw-acts.ca/fr/policy
Association des infirmières et infirmiers du Canada. (2017). Code de déontologie des infirmières et infirmiers autorisés. https://www.cna-aiic.ca/fr/pratique-soins-infirmiers/ethique-infirmiere
Association des pharmaciens du Canada. (s.d.). Défense des intérêts – La crise des opioïdes. https://www.pharmacists.ca/representation/enjeux/la-crise-des-opioides/?lang=fr
Coalition canadienne des politiques sur les drogues. (s.d.). Réduction des méfaits. https://drugpolicy.ca/fr/our-work/issues/harm-reduction/
Conseil canadien de réglementation des soins infirmiers auxiliaires (CCRSIA). (2013). Standards of practice for licensed practical nurses in Canada. https://www.clpna.com/wp-content/uploads/2013/02/doc_CCPNR_CLPNA_Standards_of_Practice.pdf
InSite for Community Safety. (s.d.). The legal story. http://www.communityinsite.ca/legal.html
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MacKinnon, S. et Pearson, S. (2018). Update: Your professional duties around overdose response kits. The Advocate, (Winter). https://acsw.in1touch.org/uploaded/web/website/Naloxone%20Update%20ACSW%20Advocate%20Winter%202018-pages-12-13.pdf
McKay, R. et Whitehouse, H. (2015). Religion and morality. Psychological Bulletin, 141(2), p. 447.
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